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Agrocampus Ouest, Angers 10 e édition 4 & 5 Décembre 2018

Communications

Séance introductive

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Session thématique #03 : Conception de systèmes de culture plus résilients écologiquement et économiquement

Animateur(s) : Mireille NAVARETTE (INRA Provence-Alpes-Côte d'Azur), Agnès LANGLOIS (Astredhor Seine Manche), Janick HUET (Chambre d'agriculture des Pays de la Loire)

Les productions spécialisées doivent faire face à de nouveaux enjeux : changement climatique, globalisation des marchés, réductions des produits phytosanitaires... Pour favoriser la profonde transition agroécologique attendue, des innovations techniques et organisationnelles doivent être recherchées : de nouvelles pratiques ou techniques de production à l'échelle de la parcelle, de nouvelles combinaisons de systèmes à l'échelle des exploitations ou du territoire, de nouvelles formes de structures et/ou interconnexions dans les filières...
Ces innovations devront être durables et résilientes dans leur capacité à s'adapter à des changements de comportements et d'environnements et à résister aux chocs.

Mardi 4 décembre : 15h00-17h00

Thème : Démarche de reconception globale de systèmes sous contraintes économiques et organisationnelles (exploitations, filières...)

Exposé introductif

Leviers techniques et organisationnels à l’échelle de l’exploitation pour une gestion agroécologique des bioagresseurs du sol en maraichage provençal sous abris

Orateur(s) : Yann Boulestreau - INRA Provence - Alpes - Côte d'Azur

Illustration de la communication

La spécialisation des exploitations, le réchauffement climatique et la quasi-suppression des produits phytosanitaires autorisés sont responsables d’une pression croissante des maladies et ravageurs telluriques sur les exploitations maraîchères de l’espace « Rhône-Durance-Vaucluse » (Sud-Est de la France). A termes, la viabilité des exploitations maraîchères produisant sous abris est mise en danger. Des alternatives agroécologiques à l’utilisation de pesticides existent déjà à l’échelle du système de culture et de la parcelle (e.g. culture d’engrais vert biofumigant). Cependant, dans de nombreux cas, des contraintes liées à l’organisation de la production à l’échelle de l’exploitation empêchent la mise en œuvre de ces solutions (e.g. main d’œuvre et espace sous abris limités). A ce jour, peu de connaissances ont été produites sur les marges de manœuvre à l’échelle de l’exploitation permettant de lever ces contraintes et d’améliorer la gestion des bioagresseurs du sol. Or, par exemple, la coordination des cultures entre parcelles de l’exploitation peut permettre le développement de nouveaux modes de gestion (e.g. enfouissement sous abri d’engrais vert biofumigant produit en plein champ). Nous proposons d’explorer ces marges de manœuvres par la coconception d’innovations techniques et organisationnelles à l’échelle de l’exploitation. Une série d’ateliers de coconception mobilisera des maraîchers, conseillers agricoles et metteurs en marché de l’espace « Rhône-Durance-Vaucluse » ainsi que des experts scientifiques. Ces ateliers s’appuieront sur des méthodes de conception innovante participatives pour l’exploration des innovations possibles. Un modèle de représentation partagé de l’exploitation permettra de préciser les conditions de mise en œuvre de ces innovations et d’évaluer ex-ante leurs impacts. Dans cette communication, nous présenterons notre démarche, ses intérêts scientifiques et opérationnels et l’analyse des premiers ateliers de coconception.

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Communications orales

Proactivité des acteurs kenyans de la rose coupée aux changements globaux

Orateur(s) : Léa Benoit - Université de Bordeaux Montaigne

Illustration de la communication

L’industrie de la rose coupée kenyane compte environ 200 entreprises employant directement 100 000 employés qui en 2016 produisaient 137 000 tonnes de fleurs pour une valeur d’environ 700 millions de $. Elle fournissait environ 30 % des importations européennes de roses coupées. Son poids à l’échelle globale et nationale rend son analyse nécessaire. Cependant, sa taille fait qu’il n’est pas possible de la considérer comme une entité unique, homogène. En septembre 2017, une enquête qualitative auprès de ses différents acteurs, obtenteurs et producteurs notamment, a permis de saisir comment, en fonction de leurs business plans, de leurs systèmes de culture, de leurs clientèles, ces acteurs ont déployé des stratégies variées pour faire face aux aléas conjoncturels comme aux changements structurels de leur environnement écologique, économique, politique et réglementaire. Ce sont ces différentes stratégies de mitigation des risques et d’adaptation à l’incertitude et leurs conséquences en termes de recompositions productives qui feront l’objet de cette communication. Leur analyse montrera comment la plante, dans la diversité de ses variétés, est au cœur de l’adaptabilité de la filière et comment elle impose aux différents acteurs de prendre en compte de manière intégrée l’ensemble de la filière pour optimiser leur action.

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Analyse technico-économique des innovations agroécologiques dans les systèmes de culture de banane export en Martinique

Orateur(s) : Pauline Feschet - CIRAD

Illustration de la communication

Aux Antilles françaises, afin de réduire l’utilisation d’herbicides et favoriser d’autres services écosystémiques (érosion, fertilité du sol, régulation biologique, etc.), des couverts végétaux ont été introduits dans les systèmes de culture bananiers. L’intérêt agronomique et écologique de ces systèmes de culture innovants (SdCi) a déjà été démontré. En 2015, après 2 ans d’accompagnement 20% des producteurs disposaient d’un couvert sélectionné en jachère ou sous bananeraie. Une enquête sur l’adoption des couverts végétaux a mis en évidence deux freins majeurs à l’adoption de ces SdCi : i) le coût économique de l’installation et de la gestion des couverts, ii) la gestion de la main d’œuvre et la concurrence avec d’autres opérations culturales. La question qui s’est alors posée était : quels sont les coûts réels des SdCi et dans quelle mesure sont-ils performants et donc transférables au plus grand nombre ? L’analyse économique a été conduite dans le cadre d’un réseau de fermes de référence au sein duquel est évalué la mise en place de SdCi dans des exploitations représentatives de Martinique. Trois systèmes de culture ont été évalués (1 système de référence et 2 SdCi) au sein de 5 exploitations, sur 9 parcelles et sur les 3 premiers cycles de production (≈2ans). Les données technico-économique (intrants, main d’oeuve, matériel) ont été recueillies à partir d’un système d’information commun à toutes les exploitations (logiciel Milagro), complété par des enquêtes. Il est apparu que le coût de production des SdCi est légèrement supérieur au système de référence, mais la différence n’est pas significative. De plus le poste « gestion des adventices » ne représente que 4 à 6% du coût total. En revanche, la charge de travail (en heure/ha/mois) est plus importante pour l’un des SdCi du fait de la difficulté de l’implantation du couvert. Toutefois, ce n’est pas tant l’innovation qui explique les différences, il semble que ce soit plutôt la taille de l’exploitation, les plus petites étant plus fragiles et moins aptes à adopter ces SdCi. De nouveaux SdCi avec couverture permanente (en jachère et sous bananeraie) sont en cours d’expérimentation chez des planteurs, afin de diminuer la charge de travail et les coûts de production (cf. Communication orale Laurent Gervais — mercredi 5 décembre).

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Re-conception d’itinéraires culturaux par les agriculteurs à partir du diagnostic de bonne vie du sol AgrInnov

Orateur(s) : Perrine Dubois et Aline Vandewalle - Chambre d'Agriculture des Pays de la Loire

Illustration de la communication

Le programme AgrInnov (Casdar 2011/2015) piloté par l’OFSV (Observatoire Français des Sol Vivants) a permis de valider entre scientifiques et agriculteurs un tableau de bord, utilisable comme outil de diagnostic innovant de l’impact des pratiques sur la qualité biologique et agronomique des sols. Le choix des 6 bio-indicateurs retenus dans le cadre de ce projet avait pour principaux critères la robustesse, l’opérationnalité et l’existence d’un référentiel d’interprétation spécifique. Ils permettent d’apprécier pour la première fois la fertilité du sol (potentiel de production sur le court terme) et sa valeur patrimoniale (potentiel de durabilité sur le long terme). Dans la poursuite d’AgrInnov, le programme national REVA (Réseau d’Expérimentation et Veille à l’innovation Agricole) accompagne depuis début 2017 des groupes d’agriculteurs dans l’appropriation de ces outils pour reconcevoir les systèmes de cultures et itinéraires culturaux. Le programme ConSol a pour vocation, au travers de groupes REVA spécifiques de concevoir des modèles agricoles et itinéraires Innovants en vue d’améliorer la qualité biologique des sols dans le cadre de la multiperformance écologique et économique. Deux groupes de 10 agriculteurs en polyculture-élevage et un groupe de 10 viticulteurs se sont lancés dans l’aventure. Ils ont réalisé leur diagnostic AgrInnov ce printemps 2018 et mobilisent en fonction de ce diagnostic leur imaginaire pour reconcevoir leurs systèmes de cultures et règles de décision, lors d’ateliers collectifs mobilisant agriculteurs et chercheurs. Ils mettront en œuvre ces nouveaux systèmes de culture dès le début 2019 sur leur exploitation et partageront leur expérience avec d’autres groupes d’agriculteurs et de viticulteurs. Une seconde phase d’analyses AgrInnov dans 5 ans permettra d’évaluer les modifications de pratiques. Le projet CONSOL, coordonné par la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire et en partenariat avec l’OFSV, l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers et l’Institut Français de la Vigne et du Vin, est appuyé par la Région Pays de la Loire, l’ADEME et l’Etat.

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Mise au point d’itinéraires de culture innovants pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires en production de pépinière hors sol

Orateur(s) : Élise Sorin - ASTREDHOR Seine Manche

Illustration de la comminication

 Le programme DEPHY EXPE HORTIPEPI 1 s’est déroulé de 2012 à 2017. L’objectif de ce projet était de tester des systèmes culturaux innovants, dans le but de réduire de 50 % l’utilisation de produits phytosanitaires. Plusieurs problématiques ont été travaillées en commun par quatre stations d’expérimentation de l’institut technique ASTREDHOR. Chacune a pu cultiver les plantes selon ses spécificités locales et un large panel de méthodes de lutte alternative a été éprouvé : la Protection Biologique Intégrée, les produits de biocontrôle, le paillage ou encore l’optimisation des conditions de culture. Globalement, les IFT des cultures étudiées ont été réduites de plus de 50 % par rapport aux itinéraires de référence. Toutefois, cette réduction dépend de la pression des ravageurs et des agents pathogènes, souvent liée aux conditions climatiques. En cas de forte pression, le coût des méthodes innovantes, notamment les lâchers d’auxiliaires, est supérieur aux coûts de l’itinéraire de référence. En définitive, la réduction des produits phytosanitaires ne s’accompagne pas toujours d’une amélioration ou du moins d’un maintien de la marge commerciale de la culture. Il est important de continuer à travailler certaines problématiques face auxquelles les producteurs restent démunis. De plus, la diminution d’utilisation des produits phytosanitaires intervient dans un contexte de mondialisation et de dérèglement climatique qui engendre l’apparition de nouvelles espèces de ravageurs. D’autres organismes sont en recrudescence, c’est le cas par exemple des cochenilles. Autrefois limitées par les insecticides pulvérisés, elles sont devenues des ravageurs très redoutés en horticulture et pépinière. Contre elles, la lutte est difficile et doit être optimisée.

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Mercredi 5 décembre : 8h30-10h30

Thème : Démarche d'expérimentation pour améliorer les systèmes de culture

Communications orales

Mise au point d’itinéraires culturaux innovants pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires en production de plantes en pots hors-sol sous abris

Orateur(s) : Nicolas Guibert - ASTREDHOR Sud-Ouest

Illustration de la communication

 Le programme HORTIPOT en cultures ornementales sous abris a permis d’aboutir à de nombreux résultats techniques, agronomiques, économiques et environnementaux et de mettre en avant des leviers alternatifs utilisables pour réduire l’usage des produits phytosanitaires dans les systèmes de culture. Les itinéraires innovants apportent satisfaction. En effet, on peut dès à présent établir un itinéraire de culture économe en intrants avec l’objectif de réduire l’indice de fréquence de traitement (IFT) de plus de 50 %. Des transferts en entreprises ont déjà été effectués. Les ravageurs restent une des causes principales des traitements par l’utilisation des insecticides. De ce fait, en choisissant judicieusement les auxiliaires dans la protection biologique intégrée, en ajustant les doses d’apport, en leur offrant habitat et nourriture et en privilégiant des produits compatibles, le coût de la protection des plantes peut se rapprocher d’une stratégie conventionnelle. La stimulation mécanique permet de réduire la croissance des plantes sans utiliser de régulateur de croissance. Cette technique est maintenant combinée à un piégeage de masse des ravageurs à l’aide de panneaux englués. Les conditions biotiques et abiotiques sont aussi très importantes à prendre en compte et peuvent influer sur la réussite du système de culture. Cependant, la diversité des cultures ornementales et la complexité des systèmes et des modes de production sous abris font qu’il reste nécessaire de mener encore des expérimentations dans le domaine du biocontrôle, pour réduire drastiquement dans certains cas l’usage des produits phytosanitaires et aboutir au « zérophyto».

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Approche agroécosystémique pour la conception et l’expérimentation d’espaces de production de fruits sans pesticides

Orateur(s) : Sylvaine Simon - INRA Provence - Alpes - Côte d'Azur

Illustration de la communication

 L’optimisation des vergers existants ne permet pas de s’affranchir très fortement de l’utilisation des pesticides. Cet enjeu suppose de maximiser le service écosystémique de régulation des bio-agresseurs, ce qui implique de modifier les pratiques mais également les choix de plantation et l’agencement du verger. Le projet actuellement développé à l’INRA de Gotheron par l’équipe Système Verger Agroécologique et ses partenaires vise à concevoir des espaces de production de fruits sans pesticides qui soient à la fois très défavorables aux bio-agresseurs et très favorables à leurs antagonistes, les auxiliaires. A partir des cycles biologiques des principaux bio-agresseurs dans le cas d’étude du pommier, le principe a été de rendre l’espace très défavorable vis-à-vis de ces bioagresseurs pour localiser/atteindre une plante-hôte, s’établir sur cette plante-hôte, s’y développer et progresser vers d’autres plantes hôtes. Une phase de travail conceptuelle puis de co-conception a permis de repenser l’agroécosystème (i.e. l’espace de production de fruits et les zones ‘support à la production’ associées), sa composition, sa diversité et son agencement, les choix techniques et les pratiques : effets barrière, dilution, utilisation de plantes pièges et répulsives (push-pull), matériel végétal fruitier diversifié et peu sensible aux bio-agresseurs, fourniture de ressources et habitats pour une diversité d’auxiliaires... Un premier prototype issu de cette phase de conception agroécologique est en cours d’expérimentation. Ce prototype intègre les compromis nécessaires entre ‘design écosystémique’ d’une part, et réalités agronomique et économique d’autre part, incluant le partage des ressources entre plantes associées, la faisabilité, l’acceptabilité et l’organisation du travail, et les possibilités de valorisation des productions (qualité, volumes et régularité des productions).

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Systèmes de culture innovants en production de semences : semis sous-couvert, associations d’espèces pour moins dépendre des herbicides disponibles

Orateur(s) : Guénaelle Corre-Hellou - Groupe ESA

Illustration de la communication

En production de semences, la lutte contre les adventices devient de plus en plus délicate du fait de la forte diminution de la disponibilité de nombreux herbicides. Dans beaucoup de situations, un désherbage de qualité n'est plus soluble avec uniquement le recours aux herbicides. La survie de certaines productions est en jeu avec des impacts pour différents acteurs des filières. Diversifier les systèmes pour une gestion plus durable des adventices moins dépendante des herbicides est nécessaire mais représente un challenge complexe. Les enjeux de production en quantité et qualité (pureté spécifique) sont aussi très forts. Dans le cadre d’un projet régional sur une durée de 6 ans (2013-2018), des systèmes de culture innovants en production de semences fourragères ont été étudiés via une approche expérimentale couplée à des enquêtes en exploitations agricoles. Le projet a conçu et évalué différentes rotations culturales sur 4 ans intégrant du maïs ensilage et des cultures mixtes (production de fourrage et de semences) que sont la fétuque et le trèfle violet. Ces espèces ont été implantées sous couvert de maïs et combinées entre elles. Ces systèmes diversifiés permettent bien de faciliter l’implantation jugée délicate des espèces fourragères porte-graine, augmenter la couverture des sols et réduire l’usage des intrants (herbicides et engrais azotés) en maintenant voire en améliorant la productivité des cultures. Les freins, leviers et conditions d’adoption de ces innovations ont été aussi mis en évidence. L’originalité du projet était aussi de travailler conjointement sur la production de semences et de fourrages, souvent étudiés de façon déconnectée, en faisant l’hypothèse que la combinaison de ces productions dans les exploitations ainsi que l’optimisation de la pérennité des espèces et des associations entre elles seraient des leviers pertinents à activer.

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Co-conception de pratiques innovantes intégrant une nouvelle plante de service pour maximiser les services rendus en bananeraie

Orateur(s) : Pauline Feschet - CIRAD

Aux Antilles françaises, le CIRAD, l’Institut Technique Tropical (IT2) et les groupements de producteurs de banane développent des solutions autour de la conception de nouvelles pratiques minimisant l’utilisation des pesticides dans les agrosystèmes bananiers. La stratégie privilégiée dans le cadre de la plateforme Systèmes de Culture innovants du Plan Banane Durable est l’utilisation de plantes de services (PdS) comme moyen de contrôle alternatif des adventices mais aussi comme pourvoyeuses d’autres services écosystémiques. Les traits fonctionnels recherchés ciblent un fort potentiel de croissance pour exercer une compétition vis-à-vis des adventices, mais aussi une bonne tolérance à l’ombrage et pérennité en phase de culture sous bananeraie (Tixier et al, 2010, Damour et al, 2016). Actuellement, cela consiste principalement en deux options diffusées auprès des producteurs : 1) l’utilisation de Brachiaria decumbens en jachère, assurant un bon assainissement/couverture et une restitution de matière organique sous forme de mulch à la replantation des bananiers, 2) l’association de couvertures vivantes sous bananeraie à partir de plantes de la flore locale, comme Cleome ruditosperma en couvert temporaire et/ou Drymaria cordata en couvert permanent. Une légumineuse pérenne, sciaphile, Desmodium heterocarpon, a été nouvellement identifiée et semble très prometteuse comme couvert permanent sous bananeraie, permettant de répondre aux freins identifiés antérieurement (cf. communication Feschet & al). L’objectif de l’étude est de présenter la démarche de co-conception de pratiques innovantes intégrant cette nouvelle espèce pour assurer de meilleurs services agronomiques, réduire les coûts et charges de main d’œuvre d’implantation et d’entretien des couverts, tout en assurant à moyen terme un contrôle des adventices. Sur la base des systèmes déjà diffusés, nous avons co-conçus, avec les producteurs, deux nouveaux systèmes de culture : 1’) Desmodium en association au Brachiaria pendant la jachère, puis maintien seule en bananeraie après destruction du Brachiaria avec un herbicide sélectif, 2’) implantation de Desmodium en association avec une PdS annuelle Crotalaria spectabilis après une jachère spontanée et travail du sol avant plantation. Les avantages/inconvénients de ces deux options sont comparés du point de vue de la réduction des pressions pesticides et les charges technico-économiques induites.

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CESCILI : Expérimentation de systèmes à bas intrants pour le haricot destiné à l’industrie

Orateur(s) : Camille Hascoët et Olivier Favaron - UNILET

Illustration de la communication

 Les légumes destinés à la conserve et au surgelé sont produits en plein champ dans un cadre contractuel entre transformateurs et Organisations de Producteurs. Au cours des dernières décennies, l’amélioration des techniques culturales a abouti à des systèmes spécialisés performants permettant d’assurer l’approvisionnement régulier en légumes frais de l’aval industriel. Aujourd’hui, la prise en compte environnementale relayée par les attentes sociétales questionne la filière des légumes transformés sur la durabilité de ses pratiques.
Le programme CESCILI teste des systèmes de culture à bas-niveau d’intrants conçus pour maîtriser les principaux problèmes de la culture de haricot, au premier rang desquels la gestion des adventices. Ils combinent, à l’échelle de la rotation, les méthodes alternatives accessibles, dans un système de décision formalisé (itinéraires techniques et règles de décision) et mis à l’épreuve de la réalité agricole.
L’expérimentation montre qu’un recours aux pesticides réduit de 30% à 67% en cultures légumières peut rester compatible avec les exigences industrielles et commerciales de quantité et de qualité. L’évaluation des impacts économiques, sociaux et environnementaux complète l’approche technique pour lever les freins à l’adoption par les opérateurs des modèles de production durables.

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Mardi 4 décembre : 15h00-17h00 et Mercredi 5 décembre : 8h30-10h30

Posters

Les posters feront également l'objet d'une présentation flash en 120 secondes le Mardi 4 décembre en fin de session.

AGROSEM, une expérimentation système de culture dédiée à la production de semences

Auteur(s) : Laura Brun - FNAMS

 Pour gérer la protection des cultures en production de semences, de moins en moins de produits phytosanitaires sont disponibles et on doit s’attendre dans le futur à une nette diminution des substances autorisées, avec un risque fort d’usages orphelins. La recherche de solutions non-chimiques pour la gestion des bioagresseurs est ainsi un enjeu majeur pour la pérennité des cultures porte-graine. L’objectif de l’expérimentation système AGROSEM est d’actionner tous les leviers de l’agroécologie à l’échelle du système de culture pour produire des semences de qualité sans utiliser de produit phytosanitaire. Ce réseau d’expérimentations sera mis en œuvre sur trois sites (Brain - 49, Condom – 32, et Castelnaudary -11). Il sera basé sur une rotation de 8 ans comportant au moins une céréale, un protéagineux, une fourragère, une potagère et une betterave en production de semence. Toutes les cultures de la rotation seront présentes chaque année en grandes bandes d’une centaine de mètres de long. Des zones refuge pour les auxiliaires seront présentes dans le dispositif. Dans un premier temps, des ateliers de co-conception (FNAMS, INRA, Chambres d’Agriculture, Arvalis, ESA, Lycée agricole de Castelnaudary, Ingénieur Réseau DEPHY Ferme) ont permis de définir la rotation et les règles de décision du dispositif. Une fois identifiées, des combinaisons de leviers pertinentes seront proposées à des productions du réseau DEPHY Ferme pour évaluer leur intérêt à l’échelle de l’exploitation. Les informations recueillies seront diffusées grâce à des visites, des articles, des communications au sein des réseaux FNAMS, DEPHY, ou autres.

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Évaluation de l’impact du stress hydrique et de la culture inter-rang sur la physiologie des lavandes et des lavandins cultivés

Auteur(s) : Lia Lamacque - ITEIPMAI, Université Clermont-Ferrand

Illustration de la communication

Les cultures françaises de Lavande et Lavandin subissent un sévère déclin depuis une vingtaine d’années, résultant de l’effet combiné de la maladie du dépérissement à phytoplasme et de sécheresses intenses et répétitives. Face à ce défi, l’amélioration de la résistance des lavanderaies est nécessaire grâce à des pratiques agroécologiques telle que l’implantation de couverts végétaux en inter-rang. Ce type de culture serait un moyen efficace contre le vecteur de la maladie et présente d’autres avantages comme la gestion des adventices ou la lutte contre l’érosion des sols.

Nos objectifs sont i) d’évaluer l’impact de la culture inter-rang sur la physiologie de la lavande et ii) de développer des outils et indicateurs qui permettent de caractériser l’état de la plante en situation de sécheresse en champ. Le PépiPIAF est un outil innovant, autonome et connectable qui est basé sur la mesure des variations de diamètre d’une tige et permet de suivre en continue la dynamique de croissance, la phénologie et l’état physiologique des plants en temps réel.

Différents couverts végétaux ont été mis en place dans des parcelles expérimentales afin de tester leurs effets sur la physiologie des plants. Après une étape de développement de l’outil en serre (sécheresse contrôlée), les PépiPIAFs ont été installés dans ces parcelles pour deux ans. Ils permettent de diagnostiquer en continu l’état physiologique des plants, en particulier sous conditions de stress hydrique et de comparer l’impact des couverts végétaux. En parallèle, d’autres paramètres écophysiologiques liés aux propriétés hydrique et hydraulique sont suivis.  

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Cultiver sur couverts végétaux couchés en maraîchage, faisabilité et premiers résultats

Auteur(s) : Sandra Prisca Pierre - CTIFL

Illustration de la communication

Ces dernières années, les méthodes d’implantation de cultures dans un couvert végétal ont fait l’objet d’un intérêt croissant en maraichage car elles peuvent permettre notamment de maîtriser l’enherbement, de préserver la qualité des sols avec moins d’interventions mécaniques. Dans ce contexte, des travaux sont conduits au CTIFL depuis deux ans, en parcelles AB plein champ, avec pour objectif d’évaluer la faisabilité pratique et technique de la mise en place d’une culture de courge derrière un engrais vert préalablement couché. Plusieurs mélanges d’espèces d’engrais verts à base de graminées et légumineuses sont ainsi implantés en automne, pour une plantation de courge en mai-juin de l’année suivante. Les graminées doivent permettre de réduire le développement des adventices en couvrant le sol puis en produisant une biomasse suffisante pour limiter l’enherbement de la culture de courge. Les légumineuses grâce à leur capacité de fixation symbiotique de l’azote peuvent assurer au mélange une partie des besoins globaux en cet élément. Pour chaque type de couvert, une modalité implantation sur couvert préalablement couché ou broyé sans travail du sol, puis recouvert ou non d’un voile tissé, est comparée à une conduite classique du couvert avec broyage puis incorporation au sol. Les observations portent sur le taux de recouvrement des adventices, la capacité des couverts à être couchés, les propriétés du sol et la dynamique de minéralisation des couverts. Par ailleurs, l’effet sur la culture suivante est étudié. Les premiers résultats obtenus seront présentés et discutés à l’occasion de ces rencontres du végétal. 

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